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Feuille de route 13 : un an après

“Alors, ça s’est passé comment au Viet nam. C’était / c’est comment le Viet Nam ?”
Que dire d’un an passe au Viet Nam… dans des conditions quasi optimales ?

Tout d’abord, pour résumer en quelques mots cette année 2006/2007, je la définirai comme ’’une des plus intéressantes et des plus enrichissantes de ma vie’’…

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Cette année fut d’abord celle de la découverte d’un pays… que je croyais connaître… mais peut-on prétendre vraiment connaître un pays étranger ? Tous les jours, on en découvre de nouveaux aspects, de nouvelles facettes (1) -et ce, par comparaison avec son pays d’origine-… ce qui permet alors, à contrario, de ”découvrir” ou redécouvrir ce dernier et de prendre mieux conscience qu’on fait intimement partie d’une culture -par hypothèse différente- de celle du pays de séjour…

Formidable occasion d’enrichissement par ’’résonance’’…

 

Car, paradoxalement, c’est aussi cela que j’ai appris en venant ici (2)..:  mieux me connaître, mieux connaître ma propre culture, mieux connaître mon propre pays, mieux connaître les ressorts de notre civilisation, de ses forces et de ses faiblesses... en découvrant ceux d’un autre pays.

 

Quasiment tous les jours, j’ai vécu ici des exemples de comportements qui, différents des nôtres, m’ont fait découvrir deux faces, celle du pays d’accueil et celle du pays d’origine.

 

Fin juin 2007. Je fais quelques courses dans un des deux supermarchés de Hanoi.

Au rayon des fruits, je m’apprête à remplir mon sachet plastique de quelques citrons verts choisis dans une cagette (comme en France) lorsqu’une souriante et, ma foi, fort jolie jeune fille -après avoir balbutie “ah, lemon !(3) ”-, me pousse sur le côté délicatement de la main  et, le tout appuyé d’un franc sourire qui se voulait approbateur- se met à remplir mon petit sachet de citrons choisis par elle .., le tout ponctué par “the best...” (4).

Quelques instants, j’ai cru que, malgré la différence d’âge (un rapport de 1 à 3) , mon pouvoir de séduction avait été régénéré par mon “stage “ vietnamien… Illusion de courte durée… En effet, un quart d’heure plus tard, alors que patiemment, derrière au moins 5 à 6 personnes, je faisais la queue dans une file de caisse, mon panier sous le bras, voilà que ladite demoiselle, semblant alors totalement m’ignorer, s’ingénie à couper la file d’attente… J’étais retombé dans un groupe anonyme...(5)

 

Toujours en ce mois de juin, le Directeur du centre auquel je suis rattaché m’invite à prendre part le lendemain (6) à une visite au cours de laquelle sera officiellement lancée une IPG (7) relative à la production de litchis dans une région située à environ 70 km à l’est d’Hanoi, région ou ce fruit a été introduit au Viet Nam il y a quelques siècles.

J’accepte d’autant plus volontiers que cette démarche est la traduction d’une évolution positive de l’agriculture vietnamienne : rechercher la qualité et identifier la provenance dans une démarche de filière, mais surtout (car ces orientations sont le résultat des choix faits il y a plusieurs années déjà par les Vietnamiens) parce que le Directeur a invité à ce lancement les médias, et notamment la TV. Or, depuis mon arrivée au centre de recherches, je ne cesse de lui répéter qu’une meilleure communication est une voie incontournable pour l’avenir. Je ne sais si mon insistance fut pour quelque chose dans la présence des médias à cette journée… mais j’ai eu la vanité de le croire (8).

Là n’est toutefois que le contexte dans lequel s’inscrit ce dont je souhaite vous faire part, traduction de nos comportements -occidentaux et asiatiques- différents.

En effet, chemin faisant -ou plutôt autoroute faisant (9)- , l’un des compagnons de voyage (nous étions une dizaine de personnes dans le minibus) émet l’idée qu’il “fallait faire goûter” à l’étranger que je suis une spécialité locale de saucisse... que l’on trouvait justement dans de petits restaurants, sauf que ces restaurants se trouvaient de l’autre côté de l’autoroute.

Mais d’abord comment s’arrêter sur une autoroute ? Tout simplement en arrêtant le moteur.

Mais comment accéder aux boutiques situées de l’autre cote de l’autoroute ? Tout simplement en traversant l’autoroute.

Voilà donc notre colonne d’une dizaine de pékins, au milieu des klaxons (certes non agressifs – mais simplement pour rappeler l’ordre des priorités – voir ma première feuille de route- ), quelques coups de frein et des louvoiements des conducteurs de camions, d’autos et de motos pour éviter notre colonne partie s’attabler sous quelques planches pour chacun déguster “un saucisson” d’au moins 25 à 30 centimètres de long au goût indéfinissable (10) et, en tout cas, peu digestible.. surtout à 6 h. 00 du matin… Nos agapes terminées, environ 20 minutes plus tard, nous avons fait le chemin inverse, toujours dans le même tintamarre de klaxons pour reprendre notre véhicule.. qui, évidemment, pendant le temps de notre ’’dégustation’’ avait  réduit fort sensiblement la largeur de la voie, générant des ralentissements pour tout le monde, voire, parfois, un bouchon, le tout au risque d’un accident… mais il fallait “faire goûter le saucisson local à l’ami étranger de passage”, ce qui, apparemment constituait la priorité absolue..

 

Selon une revue, 17 000 accidents mortels de la circulation ont été enregistrés en 2004 (11) …: “ah, j’ai oublié mon parapluie à la maison…je fais demi-tour… Tiens, c’est mon copain qui est au café de l’autre côté de la rue... je vais le saluer... ah, il y avait quelqu’un derrière moi...”... La peinture du frein externe (au guidon) de ma moto est totalement écaillée à force d’avoir “frotté” contre d’autres motos…

 

Le comportement des Vietnamiens, au quotidien, est différent de celui de l’occidental. Ici, l’individu est fondu dans le groupe, mais ce groupe est celui de la proximité immédiate, pas le groupe collectif indéterminé (12).

De là, une relative indifférence -du moins apparente- aux inégalités sociales, un des fondements de notre culture, surtout française.

De là, l’erreur d’analyse souvent commise, à mon avis, par certains analystes qui estiment que les pays asiatiques ont une base nationaliste très forte parce que les habitants n’ont pas hésité à faire le sacrifice de leur vie pour défendre leur pays (13) . En réalité, c’est parce que ces hommes faisaient d’abord une confiance absolue à leur chef (14) -c’est à dire à leur environnement immédiat- et parce que leur conception de la vie et de la mort est différente de la nôtre (15)...

 

Ces constats m’ont aussi amené à m’interroger sur l’adaptabilité de nos concepts “démocratiques” aux sociétés asiatiques puisque les bases du pouvoir n’y sont pas les mêmes. Peut-on -au moins actuellement- gouverner un pays asiatique avec nos outils “démocratiques”. Le cas du Japon nous amène à être très prudent en la matière.

 

Deux visions du monde différentes, donc. Se pose alors la question si ces visions sont conciliables ?

Evidemment, quand on est en Asie, on est tente de s’en sortir par une “pirouette” intellectuelle :  celle du Yin et du Yang, c’est à dire l’attirance et le mariage nécessaire des contraires pour former un ensemble harmonieux et équilibre (16).

 

Si les comportements sont toutefois différents, cela ne veut surtout pas dire qu’on peut faire ici ce qu’on veut.

S’il y a ici d’autres plages de liberté que les nôtres, les règles et l’étiquette sont bien plus contraignantes que les nôtres.

Car, j’ai aussi découvert qu’il ne pouvait y pas y avoir de culture ou de civilisation sans ascèse. C’est peut-être là le point faible actuellement de notre culture européenne, même si les dernières élections présidentielles françaises ont souligné un retour à des “valeurs”, nous avons souvent peur de montrer ce que nous sommes ou en quoi nous croyons (17).

 

Ce séjour m’a aussi confirmé que l’Asie “chinoise” (Japon, Corée, Chine et Viet Nam) continuera son décollage économique (18), que les délocalisations se poursuivront et que, surtout, il est illusoire de croire que les produits à haute valeur ajoutée peuvent rester le monopole des pays “riches” : l’Asie “chinoise” sait et saura aussi en produire et en découvrir (19) . Notre avenir -occidental- dépendra certes aussi de notre capacité à innover, mais aussi et surtout de notre capacité à maintenir un haut niveau d’organisation, certes toujours perfectible, mais globalement efficace -par rapport à l’actuel niveau global des pays asiatiques -, ce qui pose le problème du maintien, voire du renforcement de la cohésion des groupes (national et régional, c’est a dire pour nous européen) au sein desquels nous nous trouvons..

 

Car c’est là une des faiblesses de l’Asie, et vraisemblablement sa faiblesse principale : son manque de cohésion alors que la mondialisation peut remettre en cause les bases culturelles et génère des inégalités croissantes d’une dimension inconcevable dans nos pays pétris d’égalitarisme. Jusqu’à quel point les sociétés concernées supporteront-elles l’accentuation des ces inégalités ? (20)

Ce manque de cohésion apparaît à divers niveaux :

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->des populations difficilement “dirigeables du sommet” par rapport à nos critères rationalistes occidentaux. Au niveau des Etats de culture “chinoise”, il est significatif d’observer que plus celui-ci est petit, mieux il réussit (comme par exemple à Hong Kong ou Singapour)

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->un environnement néglige (selon la presse, 750 000 personnes seraient mortes pour cause de pollution en Chine en 2006) alors qu’il s’agit d’un des chantiers les plus décisifs pour demain

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->un formation souvent inadaptée au monde de demain

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->surtout et avant toute chose, les risques de la géopolitique. La poursuite de l’amélioration de la situation économique des pays du monde culturel “chinois” risque d’être remise en cause par la politique extérieure. L’Asie est un continent “éclate” sans aucune unité “régionale” (l’Asean est surtout une coquille vide) et avec des unités nationales fragiles. Les tensions risquent de réapparaître à tout moment (21)

 

Que faire en Asie ?

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->pour certains du business. Soit pour y vendre (la France est ici surtout réputée pour ses produits de luxe et de mode, ses ressources touristiques, ses produits agroalimentaires. En ce qui concerne les produits technologiques, il s’agit d’un secteur ou la concurrence est vive). Soit pour y implanter des activités de localisables.

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->pour ceux qui sont dans le cadre “associatif” ou non lucratif : il y a le travail humanitaire des ONG de terrain, notamment dans les secteurs de la santé et de l’agriculture. Mais il s’agit là de secteurs qui s’adressent d’abord aux pays encore dans les balbutiements du “développement”, et de moins en moins à des pays comme le Viet Nam ou la Chine.

Pour ces pays, par rapport aux objectifs du cadre associatif, le débat est d’abord celui de l’opportunité de la “greffe démocratique”. Or, mon séjour vietnamien n’a fait que conforter mes précédentes enseignements de coopération internationale : il faut se garder de tout ’’copie-collé’’... (22). Mais respecter le passé ne doit pas non plus être synonyme d’immobilisme. Car d’autres mouvements -notamment économiques, financiers et de là sociaux, voire sociétaux- modifient ce passé... Il faut donc créer des contrepouvoirs en conformité avec ce passé (23) –  pour que la culture asiatique subsiste car nous n’avons aucun avantage à son effondrement …

 

Concrètement, j’ai aussi emmagasiné beaucoup de souvenirs personnels : au moins 8 000 photos (24) qui viennent s’ajouter aux dizaines de milliers d’autres réalisées lors de précédents voyages .. J’ignore pour l’instant si le matériel a résisté a un an de chaleur, de poussière, d’humidité et de chocs occasionnés par les différents transports et donc si je pourrais en faire quelque chose. Par ce que j’ai quelques projets en ce qui concerne leur ’’valorisation’’ avant que, comme dit un de mes copains, elles peuplent mes ’’souvenirs de vieillard nostalgique’’.

Concrètement aussi, j’ai décidé de conserver la moto (25) achetée en début de séjour... car je compte bien revenir, en Asie en général et au Viet Nam en particulier…

 

                                                                                                               Jean-Michel Gallet

 

 

 

<!--[if !supportLists]-->(1)   <!--[endif]-->voir “la trace” de Richard Collasse, Français installe depuis plusieurs décennies au Japon -ou il a fait souche- : “tous les jours, je suis encore émerveillé et surpris par la gentillesse et la délicatesse des Japonais… mais aussi par leurs comportements culturels tellement différents des nôtres…”

<!--[if !supportLists]-->(2)   <!--[endif]-->bien plus qu’en Pologne ou j’ai aussi séjourné. Mais ce pays fait partie de l’aire “européenne” et comprend donc moins de différences avec la culture française

<!--[if !supportLists]-->(3)   <!--[endif]-->“citron” – en anglais

<!--[if !supportLists]-->(4)   <!--[endif]-->“les meilleurs” – en anglais

<!--[if !supportLists]-->(5)   <!--[endif]-->… pour la suite de l’histoire… vous êtes trop curieux…

<!--[if !supportLists]-->(6)   <!--[endif]-->difficile au Viet Nam de prévoir quelque chose plus de 24 heures à l’avance… l’imprévu est toujours au coin de la rue et ne déstabilise personne

<!--[if !supportLists]-->(7)   <!--[endif]-->“IPG : indication de provenance géographique”… les Vietnamiens après deux essais (concernant le thé et le nuoc mam) m’ont déclaré avoir renoncé au concept français de l’AOC (appellation d’origine contrôle), juge “trop complexe et trop élitiste”

<!--[if !supportLists]-->(8)   <!--[endif]-->la “communication” n’est pas la force des sociétés asiatiques… difficile de savoir qui décide.. et surtout ce qui va être décidé... Le marketing est un concept que les asiatiques maîtrisent encore souvent assez mal

<!--[if !supportLists]-->(9)   <!--[endif]-->entre Hanoi et Haiphong

<!--[if !supportLists]-->(10)                      <!--[endif]-->chat ou chien ?… il parait que c’était du cochon.

<!--[if !supportLists]-->(11)                      <!--[endif]-->–voir ’’Perspectives France - Viet Nam’’ – avril 2007. Ce chiffre serait en progression d’au moins 15% par an et implique dans la quasi totalité des cas des motocyclistes... Ces chiffres, pourtant déjà très élevés, cyniquement, paraissent faibles par rapport aux risques que chacun prend à tout instant

<!--[if !supportLists]-->(12)                      <!--[endif]-->certes, la quasi totalité des Vietnamiens est ’’scotchée’’ à son poste de télé le soir de la retransmission du match de football Vietnam-Japon (nouvelle version du “panem et circenses”), mais ce qui n’existe pas ou guère, c’est la conscience de la nécessité d’un minimum de cohésion nationale dans son comportement quotidien, car les priorités sont autres. A noter que toutefois la nécessité d’un pouvoir central “fort et surtout juste” n’est pas contestée (confucianisme oblige)

<!--[if !supportLists]-->(13)                      <!--[endif]-->“né pour mourir” se tatouaient certains soldats nord-vietnamiens sur leur bras lors de la guerre contre les Etats-Unis

<!--[if !supportLists]-->(14)                      <!--[endif]-->la fidélité jusqu’à la mort est une des caractéristiques de l’âme asiatique. Les récits historiques vietnamiens sont remplis de témoignages sur ce sentiment

<!--[if !supportLists]-->(15)                      <!--[endif]-->voir de précédentes “feuilles de route”

<!--[if !supportLists]-->(16)                      <!--[endif]-->mais faut-il peut-être que les contraires soient faits l’un pour l’autre ? ..vaste sujet..

<!--[if !supportLists]-->(17)                      <!--[endif]-->peut-être parce que nous croyons plus en grand-chose..

<!--[if !supportLists]-->(18)                      <!--[endif]-->elle n’a guère le choix… savez-vous que les 9 % de croissance du PIB enregistres chaque année en Chine génèrent la création de 10 millions d’emplois -voir ’’Monde Diplomatique -janvier 2007- … alors qu’arrivent sur le marche du travail chaque année 20 millions de jeunes Chinois.. et que des millions de paysans (pour la Chine, ils seraient plusieurs centaines de millions) sont chassés de leurs terres par la modernisation de l’agriculture et des spéculations -notamment foncières- diverses. Je n’ai pas les chiffres pour le Viet Nam, mais ils sont encore plus ’’durs’’, ce pays n’ayant pas mis en oeuvre une politique de contrôle des naissances aussi poussée que la Chine… L’occidental oublie trop souvent que les effets de la ’’mondialisation’’ sont encore plus importants dans les pays en développement que dans les nôtres.. La force des cultures asiatiques est de savoir cultiver un pragmatisme permettant de s’adapter à ce nouvel environnement alors que les cultures africaines ou moyen-orientales semblent ne pas le pouvoir… Je me pose en tout cas la question de savoir si nos cultures occidentales sauraient s’adapter à des bouleversements aussi importants que ceux que subissent -et en même temps souhaitent- les cultures des autres pays de la planète

<!--[if !supportLists]-->(19)                      <!--[endif]-->étudiant (il y a…quelque temps, mais ce n’est assurément pas de la pré-histoire), je me souviens de l’arrivée des premières (petites) voitures japonaises (de marque Honda). Attirés par leurs prix”compétitifs” -comme ceux des voitures chinoises d’aujourd’hui-, des étudiants s’en étaient portés acquéreurs... avant de devenir rapidement la risée de tout le campus, ces voitures tombant en panne tous les 100 ou 200 km et surtout refusant de rester sur la route.. Aujourd’hui, Toyota est devenu le premier constructeur mondial, notamment grâce à la fiabilité de ses véhicules..

<!--[if !supportLists]-->(20)                      <!--[endif]-->vraisemblablement aussi longtemps que le taux de croissance restera proche de 10 % par an, ce qui laissera toujours des “miettes” à une bonne partie de la population (pour acheter une moto ou un téléviseur à écran plat).  Que ce taux de croissance vienne à diminuer, alors les tensions sociales mineront le pays en cause

<!--[if !supportLists]-->(21)                      <!--[endif]-->ainsi, un bon connaisseur de l’Asie -mais surtout du Cambodge-, le Père Ponchaud, dans sa revue “Espace Cambodge-Infos’” -numéro de janvier 2007- affirme que, suite à un retournement d’alliances, il existe(rait) un accord (secret ?) entre les Etats-Unis et le Viet nam pour ce dernier pays conforte sa “présence” quasi colonisatrice -déjà bien amorcée- sur le Laos et le Cambodge afin de contenir l’expansion chinoise

<!--[if !supportLists]-->(22)                      <!--[endif]-->c’est un problème général. Ainsi, le magazine “Alternatives Internationales” dans son numéro de mars 2007 fait état de la “solution malienne” comme témoignage de la stabilité politique ce pays, c’est à dire “mettre en place un consensus politique et un partage des ressources …répondant à une façon ancestrale de faire de la politique”

<!--[if !supportLists]-->(23)                      <!--[endif]-->un de mes souvenirs les plus marquants de mon ’’stage’’ fut une rencontre en novembre 2006, dans une ville du nord Viet Nam -à Cao Bang- avec une délégation d’une association française issue directement du PCF. Elle a joué -notamment après 1975- un rôle essentiel dans le maintien des relations entre la France et un Viet nam alors fort isolé sur la scène internationale, notamment sous la pression de l’embargo américain. Des projets ont alors pu voir le jour sur une base ’’scientifique’’, y compris de façon très indirecte et lointaine le mien.

Malheureusement, les membres de cette association en sont restés à 1975… Certes, ils mènent encore des actions de nature “humanitaire” (parrainages d’enfants,  construction d’écoles, etc...), mais comme des centaines d’autres ONG présentes sur le terrain. Ils ne jouent plus de rôle “politique”, car il leur suffit de voir ou d’entendre les mots ’’socialiste’’ ou ’’communiste’’ -termes auxquels bien rares sont aujourd’hui les Vietnamiens qui y accordent encore une quelconque foi- pour donner l’absolution aux comportements vietnamiens les plus créateurs d’inégalités et sembler ignorer la corruption généralisée.

Puisqu’ils abordaient quasiment tous des tee-shirts marques du sigle ’’CGT – non à la mondialisation libérale et sauvage’’, je leur ai demandé ce que faisait la CGT pour, au Viet Nam, lutter contre cette mondialisation au moment où le pays venait d’entrer à l’OMC… J’attends toujours leur réponse

 

<!--[if !supportLists]-->(24)                      <!--[endif]-->j’ai découvert que les photos que j’ai prises, inconsciemment, traitent en fait essentiellement d’un thème : elles se veulent d’abord être un témoignage de mondes en voie de disparition ou de modifications prochaines. De là, des photos d’abord sur les minorités ethniques, sur des pratiques de travail -notamment agricoles-, sur des fêtes -pas encore organisées par le syndicat de tourisme de l’endroit pour les touristes-, sur les gens âgés.. Plutôt que le témoignage d’un comportement qui traduirait un goût pour un certain conservatisme, je souhaite y voir d’abord des témoignages de l’importance de ce passe pour construire l’avenir

<!--[if !supportLists]-->(25)                      <!--[endif]-->moto que je laisserai en dépôt -chez le Directeur du Centre de recherches- pour plusieurs raisons : elle m’a fidèlement accompagné pendant 15 000 km. de routes et de pistes diverses , et surtout… pour sa plaque minéralogique acquise au terme d’un long et difficile parcours ’’administratif’’... En effet, avant d’arriver au Viet Nam, j’avais signalé à mon partenaire que j’avais l’intention d’y acquérir une moto -un des moyens de réelle découverte du pays et un moyen incomparable de liberté..- d’autant que le centre auquel je suis rattaché n’est de toute façon pas accessible par les transports en commun.

Certes, rien de plus simple que d’acheter une moto au Viet nam : il suffit d’avoir entre 700 et 1 500 dollars selon le type d’engin recherché… Les problèmes surgissent quand un étranger a la prétention de faire immatriculer sa moto  “à son nom”… Il existe certes une solution : la faire acheter au nom d’un Vietnamien qui en sera alors le propriétaire légal… Solution que j’ai refusée. A alors commence un long parcours du ’’combattant’’… Au moins 10 fois, le Centre de recherches a envoyé à la police les documents demandés (attestation de domicile, factures d’achat, contrat entre la FNSEA et le Centre, attestation de l’impossibilité d’utiliser des transports en commun pour accéder au centre et surtout toute une série de documents -comptables, juridiques et autres sur le Centre lui-même -certes organisme public-)… Rien n’y faisait…Il manquait toujours une pièce, une signature, un exemplaire, un cachet ou un tampon… Pendant presque trois mois, j’ai donc utilisé un véhicule non immatriculé , même dans des coins reculés du Viet Nam, au risque toutefois d’une demande d’explication de la police et d’une amende. Cette affaire étant devenue ’’une affaire’’, les autorités du centre ont alors décidé de faire intervenir le Parti -communiste- pour briser la résistance administrativo-policière… qui fut alors chiffrée à 150 dollars… Commença alors une phase de négociation sur le montant de ce chiffre.. qui après une série de discussions fut ramenée à 50 dollars… Cerise sur le gâteau : le code de la route vietnamien formule pour toute immatriculation par un étranger seulement deux exigences : un permis de conduire vietnamien et une assurance… or, ces deux pièces ne me furent jamais réclamées et je continue à rouler sans permis vietnamien et sans assurance (de toute façon totalement théorique)...