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Jean Jacques Rousseau connaissait-il le Laos ?

Me voici à Luang Prabang. Mais d’abord un petit rappel.

Je suis au Viet Nam depuis septembre 2006 dans le cadre d’une convention entre mon employeur (FNSEA) et le “centre de recherche des politiques agricoles - du Viet Nam -” . De fait, je suis rattaché à une ONG vietnamienne (dénommée PHANO) dont l’objet est de rechercher et de mettre en oeuvre des politiques visant à “organiser” les mutations de la société rurale à l’aube de l’entrée du Viet Nam à l’OMC.
Il existe de nombreuses ONG qui poursuivent le même objet. Ce qui différencie le PHANO des autres, c’est qu’elle regroupe avec la bénédiction -d’une partie- du PCV (parti communiste vietnamien) de nombreux responsables au sein des instituts de recherche et des Universités d’Agronomie ainsi que des personnalités politiques et associatives du monde agricole et rural qui estiment que l’avenir passe par l’émergence de ce qu’on appelle habituellement la “société civile” et non par les ordonnances du pouvoir central.

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Plusieurs mois m’ont été nécessaires pour comprendre le fonctionnement du système et ce qu’on attendait de moi. Les responsables du PHANO souhaitent que je renforce le secteur international de l’ONG (c’est-à-dire la fasse mieux connaître auprès des Ambassades et des institutions européennes et internationales) et concomitamment  recherche des… financements.
En fait, ma première tache fut d’abord de rédiger des documents de présentation du PHANO dans une langue simple et compréhensive pour les interlocuteurs. Au Viet Nam , la “communication” commence toujours par un éloge du “patron” dans un style qui n’a guère évolue depuis Ho Chi Minh… et le reste à l’avenant.

 

Début janvier a alors commencé un travail qui m’a rappelé par trop celui que j’avais connu pendant trois décennies et demi  : rendez-vous, notes, rapports, coordination, rencontres, etc.…
J’ai donc décidé de faire une pause et ai choisi le Laos. Me voici donc à Luang Prabang depuis quelques jours.
Quel Bonheur que de se retrouver dans cette ville.
Au delà d’un climat idéal, d’un lieu de forte religiosité, d’un environnement géographique, architectural et culturel dont je ne me lasse pas,  les sourires permanents et le calme imperturbable des autochtones font de tout séjour dans cette ville un plaisir toujours renouvelé.
Au point que je me suis demande si Jean Jacques Rousseau n’avait pas connu ce pays -ou du moins cette ville- avant d’imaginer l’homme originel.
Si par exemple vous vous apercevez que vous avez oublié votre porte-monnaie alors que vous venez de finir votre repas : “ ce n’est pas grave... vous paierez quand vous repasserez…”.
Si vous êtes un goujat – ou un pingre - et que vous ne repassez jamais : “ ce n’est pas grave…vous serez réincarné en ver de terre ou en mouche à m…”.

 

Bref, un goût de paradis, sauf que …

 

Quand je discute avec des jeunes, ils me disent leur envie de goûter aux biens matériels de notre société occidentale (moto, baladeur, ordinateur, etc..) et surtout confessent leur rêve de quitter “cette société sans avenir et ou on s’ennuie...”.
Un autre m’a fait une confidence fort intéressante. Les touristes -de plus en plus nombreux (les hôtels et les avions sont pleins) de retraités venus dépenser leurs économies tirées des fonds de pension à 15 % de rendement- “dépensent leurs dollars dans les hôtels, les restaurants et les magasins de souvenirs, mais ne donnent rien aux pagodes et aux moines. Or que sera le Laos et Luang Prabang sans ses moines…”.

 

Terrible mondialisation qui gomme les différences et rend ici comme ailleurs les riches toujours plus riches et les pauvres toujours à la traîne (à voir les véhicules utilisés au Laos - des 4 x 4 haut de gamme, à je ne sais combien de cylindres alors que le salaire de base ici est de 20 dollars par mois-, je me dis que si ce pays avait notre niveau de vie, on trouverait des clefs de Mercedes dans les caniveaux -)… Même le paradis n’y échappe pas…