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Hmongs Sapa
Début mars, je me trouvais dans les montagnes vietnamiennes frontalières de la Chine, un des mes lieux de séjour favoris. Paysages superbes et majestueux et surtout possibilité de vivre « avec » les cultures d’ethnies minoritaires -il y en a 54 au Vietnam- (1).
Date : 21/03/2007
Auteur : Jean-Michel Gallet
Ainsi, au hasard d’une ballade dans une zone peuplée de « Hmongs Fleurs » (2), je découvre, au détour d’un chemin, des oriflammes, hauts de plusieurs mètres et parés de décorations faites de papiers multicolores, reproduisant souvent des motifs chinois. De l’autre côté du chemin, des feux de bois chauffaient d’immenses chaudrons dans lesquels était préparée de la nourriture pour des dizaines d’invités. Sous un auvent attenant étaient dressées de nombreuses tables.
Ma curiosité ayant été éveillée, je m’attardais avec l’espoir d’assister à ce que je pensais d’abord être une fête. Environ une demi-heure plus tard, des femmes Hmongs parées de leurs vêtements multicolores, oriflammes sur l’épaule, se sont engagées dans un petit chemin escarpé et rocailleux. Je me suis joint au cortège pour arriver dans un magnifique cirque montagneux. Dans son centre, j’ai alors aperçu un cercueil fait d’un bois brut, à peine dégrossi et autour duquel s’étaient déjà installées des « pleureuses » dont les lamentations faisaient écho sur les parois du cirque. Autour du cercueil avaient été plantés les oriflammes. Un second cercle était constitué de tables basses autour desquelles s’étaient installés les hommes ingurgitant de grandes quantités d’alcool de riz (3). Sur un petit monticule, un joueur de tambour et un joueur de khène-orgue à -bouche en bambou- (4) faisaient retentir de mélancoliques et lancinantes mélopées. Quelques hommes dansaient autour d’eux.
Environ deux heures plus tard, les hommes sont venus entamer un dernier dialogue avec la défunte et lui faire d’ultimes offrandes déposées sur le cercueil -en général des tissus-, le tout accompagné de rites spécifiques pour que « l’âme » de la morte trouve la paix ou ne vienne pas importuner les vivants.. La procession a ensuite repris : oriflammes en tête, suivis du cercueil, puis des accompagnants. Nous avons alors pris un petit chemin encore plus escarpé, pendant presque une demi-heure pour arriver au lieu prévu par les chamanes pour la sépulture : une petite terrasse entourée de bambous. Le cercueil fut alors mis en terre et ouvert pour que chacun puisse couvrir la morte -parée de ses plus beaux atours- des cadeaux qu’il souhaitait lui faire pour son « dernier » voyage. Les yeux de la défunte ont alors été clos, la bouche fermée (5). Quelques rituels ont alors précédé la fermeture définitive du cercueil et son ensevelissement avant que chacun ne revienne au point de départ pour un repas ...fort arrosé...
Je n’ai évidemment pu comprendre qu’une petite partie des rituels de cette cérémonie (6). J’ai toutefois pu réaliser un petit reportage photographique de cet évènement rarement fixé sur la pellicule (7).
Mais combien de vies me faudra-t-il pour avoir le temps de rassembler et de valoriser tous les événements enregistrés sur la vie des Hmongs du Vietnam (mariage, travaux des champs, construction de maisons, marches, ... etc.)
Jean-Michel Gallet
Pour les faire réparer, j’avais deux solutions : soit lors d’un passage en France soit à Hanoi même. J’ai choisi la seconde solution, car, dans le premier cas, je n’aurais pas pu faire réparer le matériel pendant le temps de mon séjour européen. Au Vietnam, les objectifs ont été réparés en 24 heures (à comparer aux 6 a 8 semaines de délai en France) et pour 20 euros par objectif (en France, le prix demandé aurait été de 10 à 20 fois supérieur), mais évidemment sans garantie.



