Vous êtes ici : » Actualités

Une sortie champenoise réussie

Absent de France pendant plus d’un an pour cause d’ « asiatisme » aigu (1), je pensais que Julie m’avait oublié… Erreur…. Il y a quelques mois, alors que je me trouvais encore à environ 15 000 km de Paris, je recevais un mail de sa part m’informant que j’étais « inscrit à la sortie du 14 octobre ». Outre qu’il est quasiment impossible de dire non à Julie, je me suis sincèrement réjoui de cette invitation qui, en plus de l’agrément d’un voyage, allait me permettre de retrouver des personnes sympathiques – à commencer par Christian, notre chauffeur – et à coup sûr d’en découvrir d’autres…. Cette invitation avait toutefois une contrepartie -que j’exécute avec plaisir- : faire le compte-rendu de cette sortie. Puisse-t-il ne pas trop lasser d’éventuels lecteurs…

Retour | Imprimer

S’il me faut qualifier d’un seul mot cette sortie en Champagne, j’utiliserai le mot « réussite » :

-         réussite parce qu’un merveilleux soleil nous a accompagnés tout au long de cette journée (« un de ces temps dont on ne peut jouir sur les terres champenoises que quelques jours par an » nous a confié notre guide/accompagnateur). Il est vrai qu’en plus d’une température idéale, chacun a pu s’extasier devant ces couleurs de l’automne -à mon avis, la plus belle saison de l’année- où se disputent le jaune, le rouge et l’ocre, merveilleusement estompés par les brumes matinales 

-         réussite parce que nous avons pu bénéficier de la compétence d’un accompagnateur, M. Pernot, Professeur à l’érudition illimitée, aux dons pédagogiques incontestables et à la simplicité et à la disponibilité jamais prises en défaut. Il a su faire revivre avec talent la vie qui a habité ces lieux chargés de l’histoire de la Champagne : l’abbaye de Hautvillers, l’abbaye de Saint Rémi, la Cathédrale de Reims, mais aussi la capitale champenoise.

 

Evidemment, un passage en Champagne ne pouvait se concevoir sans la visite de caves où s’élabore ce breuvage mondialement connu qui porte le nom de cette région française. Cette année, nous avons visité les caves de la maison Taittinger et dégusté son champagne… Comme toujours, si le succès d’une visite se mesure au nombre de photos prises par les participants, il est sûr que la visite des caves a constitué un « grand » moment dans cette journée pour nos amis asiatiques.

Une telle visite est aussi essentielle en ce sens qu’elle permet de découvrir une des traductions de la culture française : l’importance du vin dans notre quotidien et les rites qui accompagnent tant son « élevage » que sa dégustation. Ce n’est pas par hasard que le vin est un élément constitutif du cérémonial de la messe…

 

**

 

Je voudrais toutefois ne pas limiter ce compte-rendu à un aspect uniquement relationnel, c’est-à-dire seulement rapporter ce que nous avons fait ou vu. Toute honte bue, je me permets  d’y ajouter une touche personnelle.

 

Qu’est-ce qui m’a particulièrement marqué au cours de cette sortie ? Revenant d’Asie, j’ai naturellement fait des comparaisons entre l’histoire de la Champagne présentée par notre accompagnateur et ce que j’avais découvert à 10 000 ou 15 000 km. de nous.

 

Or dans les différents exposés faits par M. Pernot, a été soulignée la « marque » qu’imprimait, il y a quelques siècles,  l’Eglise catholique sur toute la vie spirituelle, mais aussi matérielle de nos ancêtres. Rien de ce qui se faisait ou se disait ne pouvait, alors, échapper à son empreinte, même si, dans quelques cas, il s’agissait de s’y opposer. Le catholicisme imprégnait la vie quotidienne jusque dans les plus infimes détails.

 

Or, j’ai cru retrouver cette marque de la religion dans le quotidien des peuples asiatiques encore aujourd’hui : tout consacrer à la foi ; les liens entre pouvoir spirituel et pouvoir politique et la faiblesse de ce dernier au niveau « national »; l’importance de la vie monastique ; le caractère -jugé irrationnel par nos esprits rationalistes d’européens de l’ouest - de pratiques ou de croyances ; le rôle des religions par rapport aux pauvres, aux malades et à la formation ; la relation à la mort. Les « diaporamas » que constituaient les tableaux ou statues -autrefois coloriés- de nos églises ou cathédrales m’ont fait penser aux tableaux ou peintures des temples du Laos..

 

Evidemment, les contextes sociologiques entre ces deux temps sont très proches : dans les deux cas, nous sommes face à des sociétés essentiellement rurales.

 

Et ces réflexions m’ont fait naître d’autres questionnements : pourquoi nos sociétés occidentales ont-elles pu ou su ou dû évoluer alors que les sociétés asiatiques se sont figées notamment à partir du 15ème siècle ? nos sociétés occidentales qui sont devenues ou se croient rationnelles et rejettent l’irrationnel  ou le spirituel ont-elles choisies la bonne voie ? comment vont évoluer les sociétés asiatiques désormais, surtout au niveau de la jeunesse, « happées «  et peut-être demain déstabilisées par le style de vie à l’occidentale via la télévision, l’internet, etc..?

 

Chacun a ses réponses à ces questions car il n’y a pas de réponse unique..  Peut-être que, aussi longtemps que les hommes se poseront ces questions, l‘homme sera homme..

  

Jean-Michel GALLET

  (1) j’ai passé un an au Vietnam et quelques mois dans les pays environnants (Laos, Thaïlande et Indonésie)